12 septembre 2014

Hong Kong, Hong Kong, cinq heures d'arrêt.





HESH, en direct de ma première escale : Hong Kong. On oublie la pseudo poésie de l'article précédent, j'en ai plein le cul. Comment vous dire. C'est long. Affreusement long. 

J'ai dormi environ la moitié du voyage, passé l'autre moitié à regarder X-Men days of future past (c'est naze), m'enrouler dans le plaid parce qu'ils lésinent pas trop sur la clim chez Cathay Pacific, somnoler contre le hublot — ouais j'ai le hublot — et observer mon voisin chinois demander toutes les trente secondes une boisson différente histoire de bien toutes les tester. 

Et maintenant que je suis posée (posey) à l'aéroport de HK pour ciiiinq looongues heuuuures, je me rends compte que j'ai même pas fait la moitié du voyage mais bordel sauvez-moi pourquoi j'ai pas choisi l'Irlande poutaing.

Je vous ai parlé de ma peur de l'avion ? Non ? Si ? Tant pis, here we go again. On a dû faire trois tours dans les airs avant de pouvoir se poser (posey) parce qu'à Hong Kong, bah figurez-vous qu'il pleut et qu'il y a beaucoup de vent. Et que l'aéroport est juste au bord de l'eau, accessoirement, alors c'était un peu horrible de voir l'avion descendre, descendre, descendre... descendre hé fais gaffe c'est toujours la mer en-dessous bâtard... descendre et HA mais dis donc on a touché le sol mother of God thank you.

Bref. HEY C'EST UN AVION SWISS AIR QUE JE VOIS SE POSER (POSEY).
J'ai oublié ma brosse à dents. Vu ce qu'ils servent à manger dans l'avion j'ai certainement une haleine de méga-chacal, mais les brosses à dents, ils connaissent pas, dans l'aéroport de HK. Ils doivent pas se les laver (c'est sale).
Eeeeeh bah tant pis, mes voisins Indiens couvriront l'odeur, hein, ils se sont bardés de parfum, les cochons. 
À la réflexion, ils sentent aussi très fort le curry (pardon pour le cliché, mais c'est vrai)(vraiment très fort. Laissez tomber le parfum les mecs, il est pas efficace).

Hey, il fait nuit dehors, tellement les nuages sont noirs. 
Il va être COOL, le décollage, tout à l'heure.






WHOUHOUHOUhaha.

La vérité ? Je suis bien contente de partir toute seule. Parce que je suis tellement terrifiée, là, que je n'aurais probablement pas lâché d'une semelle la malheureuse personne qui aurait eu l'infortune de m'accompagner. Je suis obligée d'intérioriser mon stress et de contenir l'hystérie qui oppresse ma gorge. Ce n'est pas plus mal. Tout l'avion s'en portera bien mieux.
Et puis je peux pleurer ma race au décollage sans qu'on me dise "HAHA l'autre elle a peur en avion !"

Pour mes vingt-cinq ans, mes amies se sont cotisées pour m'offrir une valise recouverte de stickers qui symbolisent notre amitié, nos délires, nos histoires et qui me symbolisent, moi. J'ai également reçu un carnet de voyage made in Peru et un mini stylo destinés à m'accompagner partout. Tout ça est d'un réconfort incroyable. C'est comme si je les avais toutes emmenées dans mes valises.
Sauf qu'elles ne sont pas là. Je suis toute seule, face à mon petit carnet péruvien, avec mon petit stylo rose à pois noirs, à essayer de débuter mon carnet de voyage sans paniquer. J'aurais pu dire "sans pleurer", mais ça, c'est mort depuis longtemps.
Je n'arrive pas à croire que je pars.

Voilà deux ans maintenant que le projet de partir en Nouvelle-Zélande a germé dans mon esprit. Pourquoi la Nouvelle-Zélande ? Aucune idée. Parce que c'est loin, sans doute. Moins froid que le Canada, moins rempli d'insectes mutants que l'Australie. Moins banal que les États-Unis. Parce que c'est exotique, et qu'il y a des maoris.
Et pourquoi partir ? Par nécessité. Par soif de découverte. Parce que je veux vivre des choses incroyables que mon quotidien ne peut m'apporter. Parce que j'ai besoin de rompre quelques temps avec tout ce qui constitue ma vie pour me retrouver, et mieux rentrer.

Jamais je ne me serais crue capable d'aller jusqu'au bout. Mais, maintenant que je suis assise dans l'avion, force est d'admettre que, si, vraiment, je l'ai fait. Pour de vrai. Reste à savoir si j'ai ce qu'il faut pour y rester un an. J'en doute toujours.

Tout ça me semble terriblement abstrait. Partir un an, seul, c'est quelque chose que les autres font. Pas moi. Ce n'est pas l'image que je me renvoie, en tout cas. Et ça me paraît si abstrait que je refuse de pleinement le réaliser tant que je n'aurais pas posé les pieds à Auckland. Et une fois à Auckland, je sais que je ne le réaliserai toujours pas. Ou peut-être que si, et ça va encore se finir en explosion de larmes. De joie, cette fois.

Je suis triste de partir.
Mais j'en ai besoin.


Ce trajet en avion me terrifie.