16 janvier 2015

P. Sherman 42 Wallaby way Sydney



• Jour 124
Mercredi 14 janvier

SYDNEY. SYDNEY. SYDNEY.

Bordel de bite, j’adore cette ville. Pourtant c’était pas gagné. 
Après avoir passé une nuit difficile à l’aéroport d’Auckland sur-climatisé, subi des perturbations comme j’avais encore jamais eu dans l’avion, découvert des cafards dans la cuisine de l’auberge de jeunesse et ptet même des bed bugs, je me suis ruée dehors en me disant que l’Australie, on m’en avait dit que du mal niveau backpackers et bah ça se vérifiait et j’allais me taper un empoisonnement de la peau en deux jours, tiens.

Premier aperçu de l'opéra, houuuu.

Et puis j’ai découvert Sydney. 
The Royal Botanic Garden et ses myriades de plantes exotiques, de fleurs tropicales et colorées, ses cacatoès en liberté, ses kookabura que t’avais vu qu’au zoo de Beauval avant ça, ses… espèces d’ibis australiens énormes. D’ailleurs le kookabura ne fait pas du tout « kookaburrrrrraaaa », les zoos nous mentent. C’est plutôt de l’ordre du « Oookrraaaaauraaaaa » et c’est assez moche, comme cri.


J’ai passé mon premier jour en Australie à me promener. D’abord dans ces jardins merveilleux plein d’oiseaux exotiques (et d’araignées, mais j’y reviendrai), puis aux alentours de l’opéra. Cet opéra est incroyable. Et très photogénique, dis donc. Et l’ambiance est juste en totale opposition avec ce qu’on attend d’une grande ville.

Même quand on s’éloigne des quais, qui sont sans doute la partie la plus touristique. 
La ville est blindée d’espaces verts, eux-mêmes blindés d’Australiens faisant leur footing (je crois pas avoir jamais vu autant de mecs courir au mètre carré), d’installations cool comme un cinéma en plein air avec l’opéra de Sydney en fond... niveau détente, je crois qu’ils sont au top. 

Grosse feignasse.

Le taux d’ensoleillement doit bien jouer sur le moral aussi. C’est très simple, t’as l’impression d’être  constamment en vacances. Des glaciers tous les deux mètres, des « summer houses » décorées de grosses fleurs colorées et de musique hawaïenne en veux-tu en voilà, les palmiers comme arbres lambda, la chaleur, le soleil, les cris des mouettes et les cornes des bateaux en fond… 



Mine mine mine !


Niveau clichés, l’Australie remporte la palme de « ceux qui s’avèrent vrais ». Si à Paris on n'a pas vraiment le mec affublé d’un béret avec une baguette de pain sous la main à tous les coins de rue, ici, ils sont tous BLONDS. Tous. Et super bronzés. Et super bien foutus. S’ils passent leur vie sous des chaleurs pareilles, en même temps, ils doivent pas trop être conditionnés pour stocker les graisses, vous me direz. Et comment tu veux faire autrement que passer ta vie en short quand il fait déjà 25°C à 9h du mat.

Ah puis, pour ce que j’en ai vu aujourd’hui à Manly Beach, ils surfent tous. Comme des merdes pour certains, mais même.


Voici un water dragon. Ils sont en troupeaux un peu partout au bord de l’eau, si tu laisses de la bouffe sans surveillance ils viennent se servir. C'est des petits iguanes, en gros, et ils sont assez ridicules quand ils marchent.



J’avais un peu trente mille trucs à dire sur ces débuts de vacances mais j’ai encore tout mangé. Histoire de changer. Alors à part dire que c’est une ville incroyable qui m’émerveille à chaque coin de rue… 
AH. Si.


Je vous ai dit que j’étais dans l’auberge de jeunesse la plus délabrée du monde ? 
Les douche n’ont qu’une lumière, dont l’interrupteur pend au bout des fils à moitié arrachés. Le faux plafond s’effondre dans la douche du milieu, qui est d’ailleurs condamnée. La moquette des chambres est… euh… je me balade pas pieds nus, c’est pas d’un coup de shampooineuse dont elle a besoin, c’est qu’on la crame. Et puis hier, en faisant cuire mes pâtes, un cafard s’est tapé l’incruste pour savoir s’il pouvait en avoir un peu.
NOPE NOPE NOPE.

Bordel de merde, moi qui croyais que c’était qu’une légende, des auberges de jeunesse pareilles, mais non. Et le pire c’est que le staff le sait. Et le staff s’en fout. Le ménage est fait une fois par jour, voilà, ils y peuvent rien si les occupants sont irrespectueux au possible et ne nettoient pas derrière eux. 
Ils ont même pas tort, hélas. 
Après je serai tentée de dire que t’as pas envie de faire d’efforts dans un endroit où on en fait pas.

Certes, j'ai payé moins de 30AUD (soit même pas 20€) la nuit, mais je crois, sincèrement, que j'aurais préféré payer un peu plus cher pour un endroit un peu plus propre.





Aujourd’hui, après avoir pris le ferry pour Manly Beach et marché jusqu’à la petite plage de Shelly Beach où j’ai pu cramer (mais pas trop, crème 50+ wesh wesh) en me baignant dans des eaux turquoises et limpides, être revenue en mode grosse fatigue de n’avoir rien fait, j’ai eu l’extrême plaisir de trouver deux Allemands littéralement vautrés sur mon lit. Avec mes affaires dans leur dos pour les caler, leurs gros pieds dégoûtants sur mon oreiller et mes autres affaires par terre. MA SERVIETTE DE TOILETTE PROPRE PAR TERRE SUR LA MOQUETTE DÉGUEU. MON OREILLER SOUS LEURS GROS PIEDS. Putain mais c’te blague quoi. Pour une fois qu’il y avait des mecs dans mon lit, c’était pas de la bonne manière. Haaaaaa.


Mais entre le retour en ferry et l’arrivée à l’auberge (Elephant Backpacker à Wooloomooloo, si jamais vous cherchez une adresse où ne pas aller), je suis passée par mon raccourci préféré, à savoir les jardins botaniques ! J’ai même réussi à m’y perdre un peu pour explorer la partie « tropicale » du truc. 
Et devinez ce que j’y ai trouvé.


Allez, c’est pas difficile.

Ca commence par arai, ça finit par gnées.


Bingo.
PARTOUT.


Entre chaque arbre, chaque fougère, elles étaient là, tranquillement installées dans leurs immenses toiles franchement difficiles à louper. Certaines étaient plutôt discrètes pour ceux qui n’y faisaient pas attention (genre pas moi, t’inquiète, je les ai toutes cherchées, je les ai toutes vues). D’autres étaient absolument ÉNORMES. É-NORMES. Comme celle-là :




Voici sous vos yeux ébahis une golden orb spider. Les plus gros spécimens peuvent bouffer des petits oiseaux. Celle-là avec ses pattes, bien que je ne sois pas allée jusqu’à vérifier de près, doit faire la taille de ma main, son corps seul pas loin des 5cm. Oui, je me suis arrêtée pour la prendre en photo. Oui je saiiiis rohlalaaaa mais je vous signale que je fais de mon mieux pour combattre ma phobie, même si après j’ai eu la pire chair de poule de ma vie. Et qu'elle a duré une bonne dizaine de minutes.

Croyez-moi ou pas, je les trouve aussi fascinantes que dégoûtantes. D’ailleurs j’en ai vu d’autres, cinq ou six je dirais, dont une particulièrement intéressante qui possédait deux traits jaune fluo sur le cul. Sans doute sponsorisée par Adidas. Du coup me suis pas attardée, on sait jamais.
Non, pas de photo, mon appareil refusait de faire la mise au point dessus.


Je pense sincèrement qu’à mon retour, si je ne suis pas guérie de mon arachnophobie, j’aurais au moins fait un grand pas vers la guérison. 

D’ailleurs, je crois bien avoir vaincu le vertige. Hier j’ai traversé le grand pont (qu’on voit dans Ghostrider) et j’ai rien senti. 


Allez tchou, demain je vais à l’aquarium voir des ornithorynques et des lamantins.




• Jour 125
Jeudi 15 janvier

J'ai mal partouuuuut à force de marcher avec un sac à dos blindé et il fait chauuuuuuud, ma vie est nuuuuulle bouhou.

Alors du coup aujourd'hui je me suis traînée jusqu'aux quais Darling pour faire un tour à l'aquarium et voir des ornithorynques.




AGNRHEFBLEJBDELBDJGNUH que c'est MIGNON, bordel, c'est tout petit, ça a l'air tout doux et ça gigote dans tous les sens on aurait dit un... un... GASPARD. Histoire de pas changer, tous les animaux choupinet me font penser à Gaspard. Savez pas qui c'est Gaspard ?
Le chat de ma sœur. Qui s'apparente d'abord à un renard, mais aussi parfois à un avion (bien qu'un avion n'ait rien de choupinet), et là, en l'occurrence, à un platypus.
TROP. 
CHOU.
ARGH.

Et dans la famille beaucoup moins chou, les cafards sont pas seulement dans la cuisiiiiiine ! Non, ils sont aussi dans les douches, et oooooh dans les chambres !

YUKYUKYUKYUKYUKYUKYUKYUKYUKYUKYUKYUKYUKYUKYUKYUK.

Heureusement, demain, je pars pour le nord, direction Surfers paradise pour larver encore plus efficacement au soleil.



LES TROIS POINTS QUE JE RETIENS DE SYDNEY
     The Royal Botanic Garden : c'est gratuit, c'est grand, on s'y perd facilement et tu peux y observer des tas d'espèces rares, pour peu que tu y fasses un peu attention. Des araignées, mais aussi des oiseaux. Ça implique d'aimer au moins les oiseaux.
     Le Seaquarium de Sydney est un gros attrape touriste. Très cher, bondé et je n'ai pas trouvé les aquariums et bassins super bien entretenus. Alors certes on peut y voir des dugong, ces cousins des lamantins, qui ont inspiré le mythe des sirènes, et deux ornithorynques, mais pour le reste...
    Traverser the Harbour Bridge à pieds est, selon moi, quelque chose à faire, si tant est que tu aimes vagabonder dans les villes juste pour le plaisir de t'imprégner de leur ambiance. On y a une superbe vue sur l'opéra, et l'autre côté du pont a une ambiance radicalement différente. Plus chill. 

À ÉVITER
     The elephant backpacker, Wooloomooloo. Vraiment.


10 janvier 2015

Au pair - Bilan


LIBERTÉ



Après trois mois, trois longs et interminables mois (surtout la fin), est venu le temps de ma liberté. Et parce qu'il y a trois mois en arrière j'ai écumé les blogs pour en savoir plus sur la vie d'une fille au pair mais que je n'ai rien trouvé de méga probant, voici mon bilan à moi.


• Être au pair, c'est franchement planqué. 
Surtout si les enfants sont scolarisés. Y a rien de compliqué dans le job, tu te lèves en même temps qu'eux (ou quand les parents partent travailler), tu leur fais à manger, les aide à s'habiller, les emmène à l'école et aux activités extra-scolaires, tu joues avec eux, les aide à se laver et puis voilà. Tu t'occupes de l'entretien des chambres et de leurs vêtements aussi. 
Et comme à cet âge-là (5 et 9 ans) il faut leur apprendre plein de choses, ce sont elles qui rangeaient leur chambre, elles qui mettaient leurs vêtements sales dans la panière, elles parfois qui mettaient le linge dans la machine ou qui faisaient leur lit, qui vidaient le lave-vaisselle... et comme elles étaient deux, elles jouaient très bien sans moi, aussi. Bon, elles se battaient beaucoup, on va pas se le cacher. Au moment où j'écris, là, Zia vient de filer un coup de pied en plein dans le nez de sa petite sœur.  


• Être au pair, au début, c'est pas évident.
À la fin non plus d'ailleurs.
Parce que, s'il est dur pour une famille d'accueillir un parfait étranger sous leur toit, il est tout aussi dur d'arriver seul-e au milieu d'une famille qui ne fonctionne pas forcément à ton rythme, avec ses habitudes, ses règles, ses travers. Et quand ça ne va pas, tu ne peux pas vraiment faire de break. C'est pas comme au boulot où tu peux rentrer chez toi après et te changer les idées. Là, les deux sont mélangés, tu manges avec eux, tu regardes la télé avec eux, tout se fait en fonction d'eux et sincèrement, niveau intimité ou quand on est quelqu'un de très indépendant et solitaire comme moi, ça a très vite fait de devenir pesant, puis insupportable. Au début on est poli, on passe beaucoup de temps avec les parents et tout le monde pour parler et apprendre à se connaître, on regarde la télé tous ensemble, et puis on s'habitue à la routine mais à force... Mes trois dernières semaines ont été les plus pénibles. Je luttais pour ne pas aller m'enfermer directement dans ma chambre et me rouler en boule sous la couette en priant pour que le temps accélère. 

Alors, bien sûr, des breaks on peut en prendre. Le week-end, par exemple, je me ruais dehors et je passais souvent la journée à traîner à droite et à gauche quel que soit le temps, à Auckland ou ailleurs. Même sans endroit précis où aller, ça fait juste un bien fou de se retrouver seule à faire tout ce qu'on a envie de faire, même si ça n'inclue évidemment pas "larver sur l'ordinateur tout en étant affalée dans son lit", mon activité préférée.


• Normalement, quand t'es au pair, t'as une Nanny-mobile. 
Pour pouvoir emmener les enfants partout au lieu de se cantonner à la maison et ses environs. C'est plutôt cool, tu peux aller les épuiser à la plage, te promener au centre commercial et faire une pause pour dévorer des muffins (c'est un secret entre nous les filles, ok ? Sinon vos parents vont nous gronder)... 
Sauf que moi, j'en avais pas, de voiture.
J'ai passé mes journées entières dans ce quartier, ce jardin, cette maison et RAAAAAAH QUARTIERS RÉSIDENTIELS DE MIERDA, Y A MÊME PAS UNE ÉPICERIE OU UN COFFEE SHOP À MOINS D'UNE HEURE DE MARCHE PUTAIN. De quoi faire péter des câbles, surtout quand il pleut. Heureusement pour moi, je dessine et j'écris. J'ai donc pu dessiner et écrire un max pendant que les filles étaient à l'école. Mais quand même. Je me demande comment font les filles au pair qui doivent rester un an, ça doit sembler tellement long.


• Si la partie "cuisine" te fait peur, relax.
On peut pas franchement dire que je suis un cordon bleu, et ça ils l'ont assez vite compris. Et tu sais quoi ? Ils s'en foutaient. Du moment que j'arrivais à faire équilibré et assez varié, ça allait. À moins de tomber sur des casse-couille ou mieux, sur des végétariens qui sont du genre à imposer leur régime à leurs enfants pourtant en bas-âge, ça va le faire. Grâce à ma maman et mes copines que j'ai appelé à l'aide, j'ai fini par avoir un joli éventail de trucs simples et rapides et équilibrés à faire manger aux petites.
En vrac : pâtes à la bolognese/à la carbonara, quiche lorraine, tarte à la tomate, poisson pané/haricots verts/riz, steak haché/pâtes/légumes divers, croques monsieur, risotto aux champignons, nuggets/petit pois carottes, flan de légumes, crêpes/galettes de sarrasin avec des œufs/du jambon/du fromage et de la salade, omelettes à n'importe quoi, salade composée avec du poulet grillé, escalopes panées, cordons bleus, lentilles, gratin de pâtes (ou gratin dauphinois), lasagnes/salade, patates sautées/œufs au plat, wraps (carottes, poulet, concombres, salade). Voilà. Et quand tu sais pas avec quoi garnir, tu rajoutes de la salade avec des olives, des tomates, de la fêta et des croûtons ou un mix de légumes (genre Bonduelle, là, petits pois carottes maïs chou fleur. Yum).


• Être au pair, c'est perdre ses repères pour en construire de nouveaux.
Mais il paraît que c'est pour ça qu'on est là, pas vrai ? Découvrir une nouvelle culture. Dans mon cas, pas de chance, ma famille n'était pas kiwi, mais Sud-Africaine immigrée en Kiliwie depuis trois ans, dont tous les potes sont Sud-Africains. Y a eu double-dépaysement, comme ça. Surtout niveau bouffe. Bordel, les pâtes c'est pas leur truc. Le riz un peu (la mère est Indienne ayant grandi à Singapour, donc le riz, voilà), mais toujours avec vachement d'épices. Jamais bu autant de lait pendant un repas.
À la longue, ça pèse. En théorie, dans le monde merveilleux des au pairs que les agences vendent aux intéressées, les familles sont supposées subvenir à tous tes besoins. Produits de toilettes aussi. Personnellement, je n'ai pas osé abuser. Coca, L&P, Nutella, crème fraîche, y a dû y en avoir trois fois en trois mois de boulot ici, et j'ose dire que c'est ce qui m'a sauvé de l'obésité. Oui parce que...


• Quand t'es au pair, tu grossis. Beaucoup.
Toutes celles que j'ai rencontré/avec qui j'ai parlé ont pris entre cinq et dix kilos en six mois. C'est ÉNORME (sans mauvais jeu de mots). Chance, j'en ai perdu deux. Un coup de la bouffe épicée, ça. Ou de mes coups de blues qui avaient le don de me couper l'appétit.


• Quand t'es au pair, t'as vite fait de te faire exploiter.
Tu deviens la femme/l'homme au foyer. En théorie (cette belle théorie, ahlala) tu ne t'occupes que des affaires des enfants. En pratique, tu cuisines pour toute la famille (normal), tu nettoies la maison, tu t'occupes du linge de tout le monde et, perso, tous les matins ou presque j'avais une petite liste de tâches ménagères, comme "vider et nettoyer les placards de la cuisine", "ranger les affaires de camping dans le garage", "faire les vitres"... Cendrillon, pour vous servir.
Et bon, on a beau bien définir les termes du contrat au début, ce qu'on fait et ce qu'on ne fait pas... va dire "non, je suis pas payée pour ça" à des gens qui t'hébergent dans leur maison. Perso, j'ai pas tenté, et de manière générale ça me passait le temps. La seule chose crispante, c'était de retrouver, tous les matins sans exception, une montagne de vaisselle sale dans l'évier qui attendait d'être mise au lave-vaisselle.


• Être au pair ne rend pas riche
À moins de ne rien faire du tout. L'argent de poche par semaine oscille entre 160$ et 240$ (100 et 150€), ça couvre les week-ends découverte, le cinéma etc. mais si tu pars en WHV avec peu d'argent et que tu espères renflouer tes caisses sur place, va plutôt dans le fruit picking ou la restauration. Moi ça va, j'ai fait des trucs à côté, comme bosser pour le festival Ragga Muffin ou continuer mon boulot d'illustratrice free-lance à un rythme moindre.


• Être au pair te permets de savoir si, réellement, tu veux des enfants ou non.
NON. J'en ai jamais voulu, c'est définitif je n'en voudrai jamais. Qui sera le premier à oser l'argument suranné de l'horloge biologique.


• Être au pair laisse, j'imagine, de très bons souvenirs.
J'ai adoré ces gamines, elles vont sans doute beaucoup me manquer et j'ai été très bien accueillie dans la famille, mais pour le moment je veux juste savourer ma liberté retrouvée.






5 janvier 2015

Auckland : c'était la dernière séance et le rideau sur l'écran est tombé.




• Jour 115
Lundi 5 janvier

C'est drôle comme le nombre de jours passés ici augmente, dis donc. Quand je suis arrivée et que je les comptais péniblement, la centaine me paraissait teeeellement loin.

Je me rends compte que j'ai pas mal de choses à raconter mais, vu la chaleur ici et les filles promptes à se roter au visage ou à s'y envoyer des gnons, j'avoue humblement avoir un peu la flemme (et, en toute franchise, tenir des blogs me gonfle en fait.)(oui mais alors, tous les souvenirs et les anecdotes, tu t'en souviendras comment ?)(hinhinhiiiin, avec mon cerveau, gros malin) BREF.


Noël est passé. Un moment un peu étrange, un peu déprimant, que j'ai passé comme hors de mon corps avec l'impression tenace d'observer une scène de bonheur au travers d'un écran. On a beau dire qu'on s'entend bien avec les gens, ils ne sont pas notre famille. Par contre, ils sont une famille, et tu le sens bien le matin, à l'ouverture des cadeaux. Je me suis sentie très seule. Très exclue. Et, oui, j'avoue, j'ai pleuré quand j'ai ouvert une enveloppe avec un mot de ma maman dedans. 
Par contre, j'ai pas pleuré dans la matinée quand j'ai skypé la France et que j'ai vu ma famille ouvrir ses cadeaux. Ni quand ces gros crevards m'ont montré les miens joliment emballés avant de dire "bon, ben tu les ouvriras à ton retour !"

Heureusement, le reste de la journée ne m'a pas trop laissé le temps de m'apitoyer sur mon horrible sort (Noël en plein été en Nouvelle-Zélande, donc), puisqu'à 14h, direction la petite salle louée par le groupe d'amis de "ma" famille pour le lunch de Noël... qui s'est éternisé jusqu'à minuit. 


Je vous les avais pas encore présentés ! Tada ! Le papa, Zia, une meuf, Neha, la maman.


Pfrt... j'étais pas d'humeur. J'avais envie de parler à personne, parce qu'ils étaient tous heureux, attentionnés, blabla, et moi j'avais juste envie de rester collée à Skype ou, tiens, de faire un peu ce que je voulais pour changer ; au lieu de quoi je me suis retrouvée seule en bout de table pour faire manger Neha. Loin de sa sœur, parce que c'est à Noël, quand chacune convoite les cadeaux de l'autre, que ça se bat le plus, ces choses-là.
Je vous ai déjà dit à quel point je ne veux pas d'enfants ?

Et puis le champagne les parties de badminton aidant (hey, je suis plutôt douée à ce truc en fait), j'ai fini par me détendre du string et abandonner la peau d'ours des cavernes dans un coin pour me mêler aux discussions et aux jeux. Parce que oui, des quadragénaires, pour faire la fête, ça boit ET ça joue au rami. Et au badminton, et au Jenga, on a même failli faire un karaoké mais l'écran plat ne reconnaissait pas la console, l'éclate totale whouuuuu. Non mais avec du champagne, ça passe vachement mieux, j'vous assure.






Les selfies et le champagne, les meilleurs moyens de passer le temps.

Entre les entrées et le plat chaud (soit aux alentours de 17h), on a fait péter des crackers et surtout, on a procédé à la remise des cadeaux du Secret Santa... C'était assez sympa. Tout le monde a eu de jolis cadeaux, moi comprise, même si je ne sais pas de qui. Dans tous les cas, la personne a visé juste, puisque j'ai reçu une adorable peluche kiwi qui fait le bruit du kiwi quand tu lui presses le ventre, une étiquette à bagages New Zealand que j'aime autant qu'elle est kitsch et des marque-pages magnétiques. Ouais, bien vu Secret Santa.



Le lendemain, 26 décembre, direction le camping !

Réveil à 6h du matin pour aller prendre le bus (parce qu'avec toutes les affaires, il n'y avait plus de place pour moi... et tant mieux), en partance pour Tauranga, dans la Bay of Plenty, un endroit que je n'ai pas prévu de visiter avec le Boudin (DANS 20 JOURS HIIII). Je m'attendais à voir plein de paysages magnifiques durant mon trajet, et sans doute fut-ce le cas... 
J'sais pas. J'ai dormi tout le long. Pendant trois heures et demi. En même temps quelle idée de prendre la route un lendemain de fête... Mes courtes phases de réveil se sont apparentées à des rêves peuplés de collines verdoyantes que j'aurais adoré prendre en photo.

C'est pas du camping de romaine. (Si vous pensez que je suis horrible, pour
Neha, vous devriez voir ce qu'a fait son père des dix photos sous
plusieurs angles qu'il a prises...)


Le point absolument positif avec le bus, c'est que j'arrivais dans Tauranga central, et que le camping était à vingt minutes de là. Le temps qu'ils fassent la route (pour une raison inconnue ça leur a pris plus de temps), j'ai eu quatre heures rien qu'à moi pour me promener dans la ville et profiter du boxing day.

Le Boxing Day c'est quoi ? C'est un jour de méga braderie dans tous les magasins, qui survient le 26 décembre. Genre, tu trouves des cartes de Noël à 50cts à la place de 8$, ou encore un sac à dos plus grand à 25$ au lieu de 99$... ou encore des nouvelles baskets plus légères à 20$ au lieu de 40$. Oui, ça vaut le coup. 
Si vous avez tout suivi, je suis donc repartie avec un nouveau sac à dos plus grand (qui va m'être d'un grand secours en Australie puisque je ne pars qu'avec ça) et de nouvelles baskets plus légères et confortables que les sabots qui me tuaient les pieds que j'avais avant. 
Ah, puis je me suis achetée un pantalon moche, aussi.
Mais si, ces pantalons très légers, hyper fins, tout doux à la limite du pyjama, avec des imprimés absolument dégueu que même ta grand-mère n'en voudrait pas pour sa tapisserie ? Voilà, ça. Et le pire, c'est que je l'aime d'amour. Je ne le quitte plus, c'est tellement mieux qu'un jean. Moins bien qu'un short, ceci dit. Il fait tellement chaud ici, je passe ma vie en short, chose improbable quand on sait que j'ai toujours froid. Même l'été, en France, les shorts c'est juste pour aller à la plage. Eh ben pas là. Et merde à mes jambes blanches. (j'ai même la marque des tongs sur les pieds, guhuhu)(quoi, je m'extasie si j'veux, j'avais jamais eu la marque de mes tongs sur les pieds, le bas de mon corps n'a jamais bronzé de ma vie alors ta moule.)




Bref, en accéléré, ces vacances, que j'appréhendais beaucoup (le père est un homme naturellement stressé, c'est très lourd) se sont résumées à d'innombrables allers-retours aux toilettes et aux douches, d'interminables et délicieuses balades sur la plage pour profiter du vent frais, à la visite de toutes les piscines et sources chaudes du coin, à des barbecues de camping (gosh, la dernière fois que j'ai fait ça c'était en 2004 quelque part en Europe du Nord...), des soirées rami (oui...) et à des nuits sur un très inconfortable lit de camping qui me rendait toute grippée au réveil.
Et à l'ascension du Mauao, à Mount Maunganui, qu'on va plutôt appeler Mount Maunganui d'ailleurs, comme tous les touristes qui font l'erreur.



Le Mount Maunganui est un volcan endormi qui domine la ville de... Mount Maunganui (voilà l'origine de l'amalgame) de 232 mètres, au sommet duquel on a une vue imprenable sur toute la péninsule de Tauranga. C'était ce que j'attendais le plus en venant ici, monter au sommet.
C'était éprouvant, à cause de la chaleur à crever qu'il faisait (et des filles qui se plaignaient)(d'ailleurs j'ai fini l'ascension seule) mais tout le long de la marche, des paysages plus beaux les uns que les autres se sont succédés, remplis de moutons (ILS SONT LÀ, J'EN AVAIS PAS ENCORE VU), d'océan Pacifique et de Pohutukawas en fleur. J'ai eu beaucoup de chance de faire la montée à cette époque, parce que sur le volcan, les pohutukawas sont partout. C'était mirifique. Et rouge. Ma tête aussi était rouge, en témoignent les nombreux selfies ratés que vous ne verrez jamais. 

Un grand merci au vieux monsieur. Pour l'Australie, je m'achète un bâton à selfie téléscopique.


Et le 29, retour à la maison, toujours par bus, toujours en dormant sur la route. Non mais. Bon. 
Rien vu des paysages non plus à part la sortie de Tauranga, le temps de discuter un peu avec ma voisine, une néo-zélandaise d'une cinquantaine d'années qui supportait très mal l'absence de climatisation du bus... tant et si bien qu'à la pause, elle a acheté deux Coca : un pour elle, et un pour moi. WHAT. THE. HOLY. FUCKING. FUCK. Elle ne me connaissait pas, on a échangé trois phrases et deux sourires, elle sait que je suis Française et je sais qu'elle est allée huit fois en France, à Paris, en Bretagne et dans le Sud. Voilà. Et c'est suffisant pour un néo-zélandais de faire preuve d'un altruisme auquel je suis pas du tout habituée.



Le 29, c'était l'anniversaire du boudin. Boudinniversaire vieille branche, vingt ans putain.


Fululup, accélérons le temps eeeet nous voici au réveillon du nouvel an que j'ai passé toute seule à babysitter les filles (babysitting qu'on ne m'a pas payé, mais bon, je suis tellement dans un état "laissez-moi partiiiir" que j'ai même pas envie de me prendre la tête pour une trentaine de dollars) pendant que les parents faisaient la fête. Ça aussi, c'était déprimant. Heureusement, mes copines (pardon Aleks) qui faisaient le réveillon toutes ensembles m'ont skypééées et m'ont souhaité la bonne année, quand bien même il n'était que midi chez elles. C'était chou.

Le lendemain, ce sont mes copains de Suisse qui m'ont skypé à quelques minutes de l'heure fatidique pour faire un coucou à tout le monde et ça aussi ça réchauffait le cœur. Même si le Skype a été difficile à négocier parce qu'on avait besoin de moi en cuisine.

Vers 15h, il a fallu se rendre à l'after-nouvel an, au milieu des même quadra en pleine gueule de bois et... c'est là que j'ai été malade. Voilà, ça devait arriver c'est fait, à chaque fois que je termine un boulot/l'école/tout autre activité contraignante je tombe malade et ça m'est tombé dessus comme ça, pouf !
Dispensée de l'interminable soirée, dispensée de celle du lendemain.

Aujourd'hui, c'est le premier jour où je me sens mieux et, hasard ou pas, il correspond au jour où les parents ont fini leurs vacances pour reprendre le travail. 

Je dois avouer malgré moi que l'ambiance est lourde. Je ne sais pas si c'est uniquement dans ma tête ou pas. J'ai hâte de partir et ça se sent, je crois qu'ils ont hâte que je parte aussi. Mes valises sont quasiment bouclées, je trépigne littéralement d'impatience en attendant dimanche, je commence (très logiquement) à ne plus supporter les petits caprices des filles. Je les aime beaucoup, mais mon cerveau est conditionné, je me connais : si je ne fais pas d'efforts, je vais partir en les détestant.
Vivement que ça se termine.


Dans une semaine, je suis LIBRE. Dans une semaine, je suis en Australie.


Un dernier selfie sur une plage de sable gris pour la route.


23 décembre 2014

Summer is coming ou pas.

C'est dommage je bois pas de café. (mais ça marche très bien avec le chocolat chaud)


• Jour 100 (Eh dis donc)
Dimanche 21 décembre

C'est l'étééééééé ! Et ça se SENT. Et c'est TROP BIEN.

Par exemple, aujourd'hui, il fait beau, il y a juste une légère brise à la place de la bourrasque habituelle, juste assez fraîche pour ne pas mourir de chaud. Hier, c'était encore le printemps, et il faisait un temps de merde, 'voyez.

Hier, j'ai été faire mes cadeaux de Noël dans le centre d'Auckland. Le père m'a déposée à 8h en centre ville (oui ben c'était ça ou j'étais coincée toute la journée à la maison et NOPE), Starbucks m'a goinfrée de chocolat chaud et de carrot cake avec ce nappage absolument incroyable à base de je-sais-pas-quoi-mais-c'est-bon, au rythme de cantiques de Noël en... français, ah tiens, en attendant l'ouverture des magasins à 9h ; et à 9h j'ai sauté à Whitcoulls, l'équivalent néo-zélandais de la FNAC, puis un peu partout dans les magasins.

Mais il est hideux en fait ce filtre instagram


J'ai même eu la merveilleuse idée de passer chez Cotton On et de trouver la robe parfaite taillée exactement comme je voulais, avant de réaliser que c'était une robe pour enfant (en même temps ils sont pas logiques. Ils ont des Cotton On pour les sous-vêtements, pour les Kids, pour les adultes, et là, ils ont rassemblé les kids et les adultes sans prévenir, enfoirés, oh.)

Après ça, en chantonnant toujours parce que retrouver un peu de liberté ça fait du bien, je me suis dirigée vers le centre médical de Quay Park un peu plus loin, parce que mémé elle a les articulations qui coincent et elle a rien d'assez fort pour soulager la douleur. 
Là, c'est l'instant où je me la pète parce que même les rendez-vous médicaux avec des mots relous, je les gère (iatrie)(de rien, c'était gratuit).
Du coup mémé a peut-être une polyarthrite rhumatoïde dis donc, mais c'est pas grave, mémé va attendre de rentrer en France pour le vérifier et malaxer des balles en mousse en attendant.


Encore après ça, vu qu'il a commencé à pleuvoir sévère, j'ai eu la formidable idée d'aller voir le Hobbit 3 au cinéma, SANS AVOIR MANGÉ AVANT. Je savais que ce film durait longtemps, pourtant, hein. En plus il faisait un froid polaire dans cette salle, la clim trop forte en France, à côté, c'est du pipi de chat.

Mais bon c'est pas grave, j'ai vu la bande annonce de Star Wars VII en énorme (larmichette), un reportage diffusé seulement en Nouvelle-Zélande où l'équipe des films remercie les Kiwis pour leur gentillesse (pas les fruits, même s'ils ne sont pas méchants non plus)(ouh dis donc, j'ai la rigolette aujourd'hui)(c'est parce que c'est l'été et qu'il fait chaud) et après ça bah j'ai regardé le film.
Le film.
Hm.
Je me suis TELLEMENT fait chier. Ou tellement marrée, selon les moments. Comme cette scène incroyable où Legolas ne tombe pas d'un pont qui s'effondre en sautant de pierre en pierre (pierres qui tombent, donc), ou encore quand — quoi, mais non je vais pas spoiler, je dirai même pas que KILUFBEFILIHBFHKEBTHODHEBHFKBEHVFEBDRIN.


Et puis après j'ai rejoint un petit groupe de gens en mal du pays pour boire moultes bières. Deux pintes, en fait, mais whou ça fait tellement longtemps que j'avais pas bu une goutte d'alcool que hé, oh, hohohorooooooh.
Comment vous dire que ça m'a fait un choc. Sur la dizaine que nous étions, on a dû être trois à ne pas se plaindre (et là comme ça vous avez du mal à me croire, pourtant j'vous jure maîtresse, j'ai rien fait cette fois). C'est-à-dire que quand je suis arrivée, ça discutait avec cet air blasé-relou de ceux qui ont tout vu et qui savent tout, qui n'aiment pas leur pays mais qui n'aiment pas celui dans lequel ils sont non plus, un peu façon "non mais y a plus de saison". Ça se plaignait même des grèves de train en France. Des grèves qui ne nous concernent absolument pas, donc. Intéressant. Et quand ça se plaint pas ça se la pète. Mais le pire, c'est que c'est culturel et que c'est un truc qui ne me choque pas le moins du monde en France. Mais ici, je sais pas, y a un décalage flagrant qui fait que ça crispe à fond et que ça donne juste envie de foncer retrouver les quelques Kiwis de son petit cercle de connaissances. 
J'attends de voir le choc du retour au pays, tiens.
Tout est tellement zen ici.
À part le père de famille, mais on y reviendra. 


Ah tiens, avant-hier, je suis allée sur Franklin Street pour voir les célèbres illuminations de la rue. C'est un truc mis en place par la ville : elle paie l'électricité en décembre, en échange de quoi tout le monde s'engage à illuminer sa maison. Le contrat ne précise pas s'il faut garder un peu de bon goût ou être le plus kitsch possible, par contre, donc y a un peu de tout.
Mais globalement, c'était joli tout plein. 











Ça c'était la catégorie bon goût. Sinon, on a vu un père Noël gonflable qui baissait son pantalon pour nous montrer le "Merry Christmas" qu'il avait sur le cul.




Et parce que bien sûr, ici, tout est comme dans une série américaine ou Mr Bean, devant presque chaque maison, c'était cantiques ! Soit par petits groupes de manière très traditionnelle comme ici, soit en solo avec une Chinoise qui jouait de la harpe, ou encore en trio, avec deux sœurs qui jouent du violon pendant que la troisième danse. Le tout sur le thème de Noël, hein, ben oui.

Il paraît que c'est un truc incontournable à voir. Je dirais pas ça, perso. Mais c'est sympathique, c'est sûr. 




Voilà, je vous laisse avec ça.



16 décembre 2014

L'été, mais ouais c'est ça.

• Jour 95
Mardi 17 décembre


EEEEEH MERDE. Quand je disais que j’oubliais d’écrire.
Non mais c’est pas ma faute, c’est eux là, mes éditeurs, le NaNoWriMo, les enfants, tout ça, ça occupe mes journées et dès que j’ai du temps libre je fais ça et puis merdeuh. Bon, ça fait trois mois que je suis ici. Soit la moitié de mon temps.

Et qu’est-ce que j’ai à en dire ?

Banana.




Non, sérieusement ? Pfrt, j’en sais rien. C’est assez bizarre, parce qu’autant en voyant les photos de mes copines rencontrées à mon arrivée, j’ai l’impression de m’encroûter et de rater le plus intéressant de l’expérience, autant de l’autre côté, bah je suis super contente de pouvoir découvrir le pays sous son vrai angle. Celui dans lequel on fait les courses à Pak’n Save en achetant local, où on en apprend plus sur la politique qui privilégie les Britanniques, l’état d’esprit général des Kiwis et pas seulement le côté amical qu’ils montrent en surface, les sorties d’école et les assemblées chaque vendredi où on chante l’hymne national, les pages de pub à outrance à la télé… niveau expérience sociologique, j’aime bien. Au moins je suis en totale immersion.

Allez, explicitons :

   • À poste égal, en Nouvelle-Zélande, une personne avec un passeport anglais sera mieux payée qu’une autre. Oui, même qu’un Kiwi de Kiwilie. Tout le monde le sait, le gouvernement ne s’en cache pas, et ça n’a l’air de révolter personne. 
   • D’ailleurs, rares sont les Anglais à demander la nationalité néo-zélandaise (après cinq ans de résidence dans le pays) : apparemment, ils préfèrent garder leur passeport d’origine, qui leur confère plus de droits. Apparemment. 
    • L’hymne national néo-zélandais déboîte du cul. Il est en deux langues, en Maori et en Anglais, et putain ce que c’est beau. J’aime bien aller aux assemblées de l’école juste pour le chanter. Assemblées ô combien inutiles, d’ailleurs, mais je ferai peut-être un article spécial sur « l’école primaire en Kiwilie c’est n’importe quoi ». Rappelez-moi de le faire.
   • Les kiwis sont gentils et bien élevés. Ils font beaucoup d’efforts pour se rappeler de détails et montrer qu’ils s’intéressent à nous. Mais, hélas, parce que ce sont des gentlemen, les kiwis sont un peu hypocrites, aussi. Ils n’osent pas dire quand quelque chose ne leur va pas. La franchise c’est pas leur truc.
    • À cette heure-ci, je suis en train de regarder Harry Potter and the Deathly Hallows partie 1 sur la chaîne One et, sans déconner, Y A DES PUBS TOUTES LES CINQ MINUTES BORDEL. Enfin non, toutes les quinze minutes. C’est d’un relou.
    • Niveau local, je suis amoureuse de la limonade L&P. La meilleure limonade du MONDE, qu’on ne trouve qu’en NZ, à mon grand désespoir. Les kiwis sont délicieux, aussi, mais je sais pas si c’est l’effet « je suis au pays du kiwi » qui me donne l’impression qu’ils sont meilleurs ou pas.
   • Il fait un temps de merde à Auckland depuis une semaine. Juste à Auckland. Partout ailleurs il fait grand beau. Je vais pleurer.




J’ai quand même hâte de terminer.

J’aime beaucoup ces gamines. Mais putain, je VEUX ma liberté, je veux partir en Australie (dans un moiiis), je veux revenir à Auckland et y retrouver mon Boudin, puis partir enfin visiter ce pays. J’en ai marre de passer mon temps dans une maison que je ne peux pas quitter parce qu’il n’y a pas une seule fucking ligne de bus à moins d’une heure de marche.
Voilà.


Bon, à part ça, depuis plus d’un mois que j’ai rien posté, quoi de neuf.
Eh bien. 


Le 23 novembre, après que mes nouvelles connaissances françaises m’aient gentiment posé un lapin, je me suis retrouvée à me balader seule dans Auckland central comme une âme en peine… et finalement, j’ai été rejointe par l’adorable Erin. 

Je sais pas si je vous ai parlé d’Erin ? Erin est la fille des meilleurs amis de ma famille, elle a 20 ans et elle est juste adorable. Du genre profondément gentille et très croyante, qui ne jure que par l’aide et le partage, comme ses parents. Des gens incroyables. Bref, donc oui, elle a appris que j’étais toute seule (Suji, a dû l’appeler sans doute, grmblmblmbl, mind your own life during week-ends, would you, week-ends are mine) et comme elle se faisait chier, elle m’a rejointe.
Après la plus énorme part de pizza que j’ai jamais mangée chez Sal’s pizza et un petit trajet en train, on a échoué au centre commercial de Silvia Park, dans la banlieue d’Auckland, en espérant se protéger de LA PLUIE et oooh, en fait Silvia Park c’est à ciel ouvert. Pas grave, on est allé voir le nouveau Hunger Games, du coup (long et chiant, mais j’ai tout compris, whouuu).


Les rennes géants de Silvia park. Joli.

La part de pizza en question, imaginez la pizza entière.


Le week-end suivant, après un second et dernier lapin, je suis allée laver aux hot pools de Waiwera avec la famille, profitant du beau temps (!!!) pour aller prendre quelques coups de soleil. Bon en fait non, il ne faisait pas beau. Mais au moins il ne pleuvait pas.


Et le week-end d’après, début décembre, direction la Kauri Coast avec la famille et deux autres familles amies de la famille (tellement de familles) pour une nuit de camping à trois heures au nord d’Auckland. Je vais la faire courte : c’était un super week-end. Relaxant, amusant même si, allez savoir pourquoi, l’homesickness a décidé de me fondre dessus pile ces jours-là. 

J’ai vu mes premiers glow worms (les mêmes qu’on trouve dans les fameuses grottes de Waitomo et un peu partout en NZ).


Et, surtout, je me suis baladée dans une forêt de kauris. Les kauris, ce sont des arbres immenses, très hauts, très gros, très VIEUX (certains ont plus de 1200 ans) qui sont en train de disparaître à cause d’une maladie qui les tue, et à laquelle on ne trouve pas de cure. Ce sont un peu des emblèmes du pays, et ça fait quelque chose de se balader là-dedans. 
Déjà parce qu’ils sont « parqués », et qu’on ne peut accéder à la forêt que par un endroit qui nécessite de désinfecter consciencieusement ses semelles à l’entrée et à la sortie pour minimiser les risques de contamination. Ensuite parce qu’on est obligés de suivre un chemin de bois surélevé qui fait le tour de la forêt, toujours pour éviter le maximum de contacts avec les arbres. Et puis enfin parce que, putain, que c’est prenant, comme ambiance.

Quelques photos, pour la peine.










Et un arbre de Noël néo-zélandais en fleurs en prime !
Un pohutukawa, donc. Qui ne fleurit que pour Noël, that's why.



Et puis pour finir, le week-end dernier, j’ai passé mon samedi à bosser comme barmaid pour le festival Raggamuffin, un festival de… ragga, bien joué, rempli de maoris tatoués de partout et avec un taux de weed dans le sang aléatoire. C’ÉTAIT COOL. J’ai jamais eu autant de gens qui m’ont dit qu’ils m’aimaient que ce jour-là. 
J’en ai aussi une qui m’a dit, après que je lui ai expliqué que, non, la limite c’est quatre bières maximum par personne par achat, « WHAT, ARE YOU FUCKING KIDDING ME ? I’M FAMOUS ! » (Tu te fous de ma gueule ? Je suis célèbre !) Well, pas moi, bisou. 
Y a aussi ce mec qui s’est ramené torse nu avec une feuille de canabis tatouée sur son nombril, tellement énorme mais comment tu veux que je regarde autre chose dude.
J’ai aussi rencontré l’homme de ma vie. Dommage qu’il ait eu trois grammes dans chaque œil et qu’il était accompagné de sa copine.


Et maintenant ?
Maintenant, la fin approche ! Dans deux jours, c’est les vacances d’été. Je vais avoir les filles toute la journée, adieu dessin et siestes. Samedi, j’ai mes courses de Noël à faire. Dans une semaine, c’est Noël. Dans dix jours, je pars camper trois jours avec la famille à Tauranga, destination qu’ils ont choisie pour moi, parce que c’est pas sur mon itinéraire du mois prochain. Mais oui ils sont chou. Dans deux semaines, c’est nouvel an. Que je vais passer à babysitter, et ça tu vois c’est triste j’aurais bien aimé voir le feu d’artifice dans à Auckland, mais tant pis. 
Et dans trois semaines, je pars en Australie.

Et je sais pas du tout ce que je vais y faire. Je veux dire, à part prendre trouze mille photos de l’opéra de Sydney, larver sur la plage à Surfer’s Paradise et aller câliner des koalas à Brisbane.


ET DANS 39 JOURS, MON BOUDIN ARRIVE.